RER_vendredi 5 mai
Par principe, j'ai repoussé le réveil. On ne va pas se laisser faire. Mais en fait la fatigue elle même était fatiguée. Je pouvais me lever, ou plus excactement cela ne changeait rien de me lever de suite ou d'attendre. Mon RER me fait presque plaisir. Je le retrouve comme un moment d'arrêt auquel on ne peut se soustraire. Il était bien déserté ce matin encore. J'ai vu quelques stations. Le parc Montsouris. Le Guichet. Je n'avais pas fait attention, un jeune fille s'était installée face à moi pendant mon demi-sommeil. J'étais surpris. Elle descend à Orsay. Tout le monde descend à Orsay. C'est l'université qui veut ça. Bref à la Hacquinière j'étais seul dans mon wagon ou presque. Je roule doucement. Je klaxonne papy qui n'a pas vu la flèche, mais en fait je ne suis pas pressé. Au bureau, du Lilas, du café, bonjour... J'ai commencé Un artiste engagé de Steinbeck. Madison square garden. New York. Ecrire des romans. A 7h, à Ourcq, il donnent un journal nommé "sport", alors ensuite dans le métro, tout le monde lit "sport". Ou dort. Une demi heure après tout le monde lit Métro. Ou dort. Le monde dort ou lit ce qu'on lui donne à lire. Et lire Sport c'est dire. L'intérêt de Métro, c'est l'horoscope. Comme ça je sais ce que va donner ma journée. Par exemple aujourd'hui (comme quoi ils ont raison) : GÉMEAUX
Quelques jours de
repos vous feraient
le plus grand bien. Vous
avez besoin de vous
changer les idées, de vous
éloigner du bureau pour
prendre du recul.