Messe en do
Après des années d'oubli, l'acuité des images surgît, implaccable, lancinante. Evoquées à l'écoute de cette messe en ut. Comment la dissocier aujourd'hui de ces instants suspendus, ces instants de rêve à Thonon les bain, la Seyne sur Mer, Aurillac ou Carcassonne. Ces moments ciselés dans de mornes années. Ces instants qui étaient mon univers, mon jardin secret. Bâti dans l'espoir d'un monde beau, d'un monde plein de promesses. D'un monde à côté de la réalité aussi. Une faille de mon espace temps. Et c'est au milieu de cet océan perdu que la sirène retentît. Je l'entendis sourdement. Je lui donnai ma vie en ces instants merveilleux. Ces équilibres impossibles. C'est mon âme entière qui vibre aujoud'hui à l'écoute de ces kyrie et gloria. C'est mes yeux qui pleurent. C'est mon âme qui divague, qui s'enfuit, se perd. Je me revoie jouer ces pages, je me souviens d'une ambiance, d'une confiance, d'une complicité, je me souviens de lieux. Je me souviens de petits matins et de longues soirées. Je me souviens d'amis, de routes défilant, d'église, de lieux insolites, de fatigue, de réconfort. J'aimerais que ce soit des souvenirs aussi heureux que les évennements. Ensoleillés, enjoués. Ils sont amers. Ils sont tristes mes souvenirs. Et je l'écoute cette messe, en attendant qu'ils renaissent ces instants, tels qu'à l'origine, ou qu'ils me plient. Qu'ils m'assèchent. Alors j'écoute ces notes et je crois que je sens le Beau.