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Par principe, j'ai repoussé le réveil. On ne va pas se laisser faire. Mais en fait la fatigue elle même était fatiguée. Je pouvais me lever, ou plus excactement cela ne changeait rien de me lever de suite ou d'attendre. Mon RER me fait presque plaisir. Je le retrouve comme un moment d'arrêt auquel on ne peut se soustraire. Il était bien déserté ce matin encore. J'ai vu quelques stations. Le parc Montsouris. Le Guichet. Je n'avais pas fait attention, un jeune fille s'était installée face à moi pendant mon demi-sommeil. J'étais surpris. Elle descend à Orsay. Tout le monde descend à Orsay. C'est l'université qui veut ça. Bref à la Hacquinière j'étais seul dans mon wagon ou presque. Je roule doucement. Je klaxonne papy qui n'a pas vu la flèche, mais en fait je ne suis pas pressé. Au bureau, du Lilas, du café, bonjour... J'ai commencé Un artiste engagé de Steinbeck. Madison square garden. New York. Ecrire des romans. A 7h, à Ourcq, il donnent un journal nommé "sport", alors ensuite dans le métro, tout le monde lit "sport". Ou dort. Une demi heure après tout le monde lit Métro. Ou dort. Le monde dort ou lit ce qu'on lui donne à lire. Et lire Sport c'est dire. L'intérêt de Métro, c'est l'horoscope. Comme ça je sais ce que va donner ma journée. Par exemple aujourd'hui (comme quoi ils ont raison) :

GÉMEAUX

 

 

 

Quelques jours de

repos vous feraient

le plus grand bien. Vous

avez besoin de vous

changer les idées, de vous

éloigner du bureau pour

prendre du recul.

 

Le livre des illusions. Entre Ourcq et Stalingrad j'étais content de n'avoir pas pris Métro comme tout le monde. De m'être dit, je vais lire ce livre que j'ai même pris le temps de couvrir avec une couverture de papier blanc avant de partir. Et puis je l'ai reconnu. Je l'ai déjà lu. Le livre des illusions, de Paul Auster. Du coup j'ai fait un voyage entre deux mondes, décalé. J'ai vu Gare du Nord. J'ai vu Bourg la Reine, j'ai vu Massy Palaiseau. Les rayons du soleil. La fatigue. Infatigable. Imperturbable. J'achète un croissant au beurre. Un seul me dit la boulangère. La denière fois aussi "un seul ??", elle est sourde ou elle veut absolument m'en vendre plus ? Je ne sais pas. Dans les cafés le sserveurs disent toujours le chiffre avant Et après le produit, exemple "deux cafés, deux !". Ecoutez, vous verrez... Ils ont compris que sinon le message n'est pas clair. Dans un café il y a toujours du bruit en plus. Du monde. De la fumée de cigarette. La télé. Un instant suspendu. La café suspendu, entre dodo et boulot. Avant l'entretien, avant la réunion, avant l'examen. Après le câlin, après la dispute, après le rasoir, après le container à verre. Après ce matin quotidien. Bref, je l'ai déjà lu ce livre. Et j'avais oublié alors que cela doit faire au plus 2 ou 3 ans. L'histoire de ce cinéaste qui n'a plus jamais montré les films qu'il faisait à personne. Et qui finit par brûler les pellicules... Sur la parking personne, ou presque. Bonjour, café. Yallah.

Ce matin, peu de gens pour Saint Rémy. Trois Rer passent, ils ne vont pas à Saint Rémy. Je dors déjà sur le banc du quai, à gare du nord. Je glisse sur ce banc. Anti-sieste. Anti sdf. Je monte, je dors encore sur ce siège. Passe Denfert. Passe Antony. Vraiment peu de gens sur ce trajet. Où sont-ils ? Je descends. Comme dans un rêve. Je marche, comme en dormant. Je démarre. Il y a plein de buée, je ne vois rien. Je recule lentement. Au juger. Je cale au feu, tellement c'est raide la route à cet endroit. Encore un effort. Je me gare, il y du monde, du café. Bonjour. Allumer son ordinateur. Aller chercher un café. C'est parti.

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